EIN ENGEL : épisode 1 ( FIC TERMINEE)

EIN ENGEL : épisode 1 ( FIC TERMINEE)
Bon je préviens ça commence gentiment mais ça devient de plus en plus pervers...
Certaines photos seront très hot aussi. Vous êtes prévenus.
Jeunes âmes sensibles, s'abstenir !

« Judy, il est 8 heures, c'est l'heure de se réveiller ! On a besoin de toi ma belle »

« J'arrive... ».

J'ouvre les yeux et m'étire comme un chat. Les lits d'hôpitaux ne sont décidément pas très confortables... Mais bon, on s'habitue à tout... Il faut dire que deux heures de sommeil, c'est un peu léger...
C'est Shirley, une des infirmières qui vient de me réveiller.

Moi je m'appelle Judy, j'ai 20 ans, et je suis médecin urgentiste au Cook County de Chicago depuis 3 mois. Oui, je sais, 20 ans et médecin, c'est un peu étrange...Disons que j'ai toujours été ce qu'on appelle une enfant « précoce » et j'ai sauté pas mal de classes... Apparemment, j'ai un Q.I bien plus élevé que la normale, mais je déteste parler de ça... Les autres le font bien assez pour moi ... C'est pas toujours facile d'être un « petit génie » comme on me surnomme souvent. Moi j'ai l'impression d'être un alien la plupart du temps... J'ai choisi de mettre mon « cerveau » au service des autres en devenant médecin, ici je me sens utile, même si ce n'est pas facile tous les jours... Je vois le pire de l'humanité : la violence, la solitude et la misère aussi...Mais parfois, on voit aussi le meilleur, et je ne connais rien de plus gratifiant que de sauver une vie !

Je renfile ma blouse blanche, je mets mon stéthoscope autour de mon cou et c'est reparti pour la journée !!!
Je sors de la chambre, la lumière blanche me fait mal aux yeux.
Comme toujours ici, il y a beaucoup de bruit et on s'agite dans tous les sens. Je me dirige vers le « centre névralgique », le tableau des admissions ! Derrière moi, une voix grave :

« Bien dormi ? »

C'est Lucas Kovac, le chef des internes. Il est d'origine croate et il a 35 ans. C'est le chéri de ces dames ici à l'hôpital et je dois dire que son tableau de chasse est assez impressionnant : de l'aide soignante à la laborantine, de l'infirmière à la cancérologue, elle sont toutes passés dans son lit ! Aux dires de certains, il semblerait qu'en ce moment ce soit mes fesses qui l'intéressent ! Il me fait un rentre dedans pas possible ! Mais bon, moi, les dragueurs, c'est pas mon truc ! Etre la énième conquête de Môsieur, très peu pour moi ! Et puis, il est un peu vieux pour moi je trouve.
Je lui réponds :

« Trop peu comme d'hab', mais bien merci ! Qu'est-ce qu'on a ? »

A ce moment là, Susan, une collègue médecin, déboule comme une furie.

« Bon sang, je suis en retard pour aller récupérer ma fille à la crèche ! »

Elle me jette ses dossiers dans les bras :

« Tiens Jude (c'est mon surnom), je te les confie ; il y a un diabétique qui a fait une crise d'hypoglycémie, une vieille dame désorientée suite à une vilaine chute, et une jeune fille qui a visiblement chopé une MST. Bon courage petit génie ! »

Et elle file à toute allure... Trop aimable ! Bon, ben, ça attaque dur....
Lucas me sourit en prenant un air désolé.

« Ca va aller ? »

« C'est parti ! » lui dis-je en me dirigeant vers les lits de mes malades.

La matinée passe. Il est 14 heures et j'ai du voir une bonne vingtaine de patients. Je n'ai pas encore mangé. Il semble y avoir une accalmie alors je vais en profiter.

« Shirley, je prends ma pause déjeuner »

« O.K. Bon appétit ma belle ! »

Mais j'ai à peine le temps de me diriger vers la salle de repos pour récupérer mon portefeuille que des cris fusent derrière le sas d'entrée. Ce n'est pas de l'anglais. Je reconnais la langue : c'est de l'allemand, j'en ai fait à l'école et je me débrouille pas trop mal. Je m'approche et là, tout va très vite.

« Aidez nous vite ! Je vous en prie, un médecin ! »

Je cours vers le groupe de personnes.

« Qu'est ce qui se passe ? Calmez vous et expliquez moi »!

Là, quelqu'un me tombe dans les bras. Derrière de longs cheveux, des yeux entourés de noir me fixent. Sa respiration est difficile. Puis je sens son poids qui s'écroule sur moi.

« Sauvez mon frère, je vous en supplie ».

Je relève la tête et je vois un jeune homme avec des dreadlocks et une casquette qui me scrute d'un air désespéré, les yeux embués de larmes.

# Posted on Tuesday, 22 July 2008 at 11:57 AM

Edited on Sunday, 04 January 2009 at 5:35 PM

épisode 2

épisode 2
Son frère ? C'est un homme alors, je n'en étais pas sûre...Je reprends mes esprits.

« Un brancard, vite ! »

Je m'adresse alors au jeune homme à la casquette.

« Que s'est-il passé ? »

« Il s'est fait piqué par une guêpe et il est allergique. Mais il n'a jamais eu une réaction aussi violente ! J'ai peur ! Aidez le ! »

Pendant qu'il me répond, on dépose son frère sur un brancard.

« Il fait un choc anaphylactique ! Salle 2 ! »

« Comment s'appelle-t-il ? »

« Bill »

« O.K Bill tu m'entends?... Merde, il ne respire plus ! Allez, accroche toi ! Reste avec moi Bill !»

Je monte sur le brancard, pendant qu'il roule vers la salle. Pas le temps d'attendre, je commence le bouche à bouche et le massage cardiaque.
Arrivée dans la salle, je saute par terre et donne mes instructions aux internes et infirmières autour de moi.

« Un kit d'intubation tout de suite, passez lui une adré (adrénaline), je veux les gaz du sang, chimie, iono... »

Je m'apprête à l'intuber lorsque j'entends :

« Qu'est ce que vous lui faites ? »

C'est son frère qui nous a suivi dans la salle. Je ne l'avais pas vu. Sally, une infirmière, lui demande de partir.

« Vous ne pouvez pas rester là ».

« Je vous en prie ! C'est mon frère, je veux rester près de lui »

« C'est bon Sally ! O .K vous pouvez rester mais à condition de vous tenir éloigné et de ne pas nous gêner. Pour répondre à votre question, je suis en train de passer un tube dans sa gorge pour l'aider à respirer. Le choc allergique qu'il vient d'avoir a provoqué un ½dème et sa gorge a beaucoup gonflé. C'est pour cela qu'il ne peut plus respirer alors on va lui donner un coup de main »

« Mon dieu ... Bill ! »

Le pauvre porte ses mains devant sa bouche comme s'il priait. Il pleure et il a l'air terrorisé.
Pendant ce temps, je termine l'intubation. Je branche le ballon au bout du tube et j'écoute ses poumons avec mon stéthoscope.

« C'est bon, ça passe ! »

Je décide de la suite du traitement à donner en fonction des résultats d'analyse qui m'arrivent.
Puis je me dirige vers son frère qui pose sur moi un regard à la fois plein d'espoir et d'angoisse. Je peux le rassurer à présent.

« Ca va aller... »

Je n'ai pas le temps d'entamer une autre phrase qu'il me prend dans ses bras et me soulève du sol.

« Merci...Merci beaucoup !... »

Il me serre fort. Je suis très surprise mais curieusement, je ne trouve pas ça désagréable. Moi qui suis de nature plutôt sauvage, ça ne me ressemble pas de me laisser approcher ainsi par un inconnu... Je le trouve touchant. Gonflé !... Mais touchant... Ce qu'il y a, c'est que tout le monde nous regarde et ils sont tous assez « amusés » par le spectacle ! Il me repose sur la terre ferme.

« Heum... Et bien, de rien, c'est mon travail !... »

« Il est sorti d'affaire ? »

« Pour l'instant, on l'aide à respirer mais dès qu'il sera stabilisé, on lui enlèvera ce tube. Il ne faut pas vous inquiéter même si je sais que c'est un peu impressionnant. Pour l'instant, je lui donne ce qu'il faut pour faire diminuer son ½dème et je m'assure qu'il n'y a pas d'autres complications au niveau de ses poumons et de son système cardio-vasculaire. Vous savez, il l'a échappé belle. Ca peut être très grave un choc anaphylactique. Vous avez réagi vite, c'est bien ! »

J'ai l'impression qu'il ne m'écoute pas ou à moitié. Il me regarde fixement avec ses grands yeux noisette. Je suis carrément gênée...

« Toi, t'es un ange tombé du ciel !... » me lance-t-il sans me lâcher du regard.

Il me tutoie lui, tranquille, il est vraiment gonflé ce type !
Je reste comme une courge... Son aplomb me surprend !

« Au fait, moi, c'est Tom et je préfère que tu me dises « tu » toi aussi ! »

Ben voyons, c'est la fête !

« Tu viens de sauver la vie de mon frère alors on peut bien se tutoyer !... »

« Euh... Je vais y penser... »

Il sourit...

« Je vais prévenir les autres que Bill va bien parce qu'ils doivent flipper à mort et je reviens... Prends bien soin de mon petit frère pendant ce temps ! »

Et il se sauve...
Ce type a un de ces culots !... Il m'énerve, et en même temps, je le trouve assez drôle !

Shirley me regarde d'un air malicieux. C'est une afro-américaine, toute en rondeur et en bonne humeur. Elle m'a pris sous son aile quand je suis arrivée ici. Je suis un peu sa protégée, moi le « bébé médecin » ! J'aime discuter avec elle et lui demandait conseil. Elle me met souvent en garde par rapport aux hommes et leurs « mauvaises » intentions à mon égard... C'est ce qu'elle fait régulièrement avec Lucas : elle me dit de me méfier de lui, de ne pas croire toutes ses belles paroles... On ne lui fait pas à Shirley ! Mais elle sait que moi aussi, je ne suis pas aussi naïve que j'en ai l'air... Je suis même plutôt...farouche ! C'est que malgré mon jeune âge, j'ai connu des expériences disons...douloureuses.
Bref, à cet instant précis, elle se moque de mon air ahuri.

« Quoi ? » lui dis-je agacée.

« Si tu voyais ta tête ! » me dit-elle en pouffant.

« Quoi ma tête ? »

« Je l'aime bien ce garçon ! » me dit elle amusée. « Pas toi ? »

« Pffffff ! Je travaille moi Madame, je travaille ! »

# Posted on Tuesday, 22 July 2008 at 12:06 PM

Edited on Monday, 04 August 2008 at 11:54 AM

épisode 3

épisode 3
PDV de Tom :

Je reviens auprès de Bill.
Je m'arrête un instant avant de pousser la porte et je l'observe, elle, derrière la vitre.
Elle est juste sublime. Je crois bien que c'est la plus belle femme que j'ai jamais vue de ma vie, et pourtant, j'en ai vues ! Je sais pas mais c'est à croire que cette fille m'a envoûté. Qu'est-ce qui m'arrive ? Je crois que je suis en train de tomber amoureux... J'arrive même pas à croire que je suis en train de penser ça ! Moi amoureux ? Ce serait une première ! Mais elle, elle...
Elle a de longs cheveux blonds ondulés qui tombent en cascade sur ses épaules et descendent presque jusqu'au creux de ses reins. Sa peau est un peu dorée, elle ressemble à du caramel... Ses yeux sont d'un bleu profond et ils soulignés par de longs cils noirs. Ils ont la forme d'une amande, de vrais yeux de biche. Ils sont entourés par des sourcils à la forme parfaite qui finissent de donner à son regard une intensité rare. Son nez est fin et sa bouche délicieusement pulpeuse. Elle a la couleur d'une framboise bien mure. Je ne sais pas d'où elle tient cette beauté, mais le pire c'est qu'elle n'est pas juste belle... Elle a une présence, un charme fou ! C'est une de ces personnes qui « dégagent » une aura, une de ces personnes qui attire tous les regards dès qu'elle franchit le seuil d'une pièce...
Et en plus elle est intelligente ! D'habitude les filles qui sont aussi belles ont forcément le cerveau d'une huître ! Mais non, elle, elle est médecin ! Mais au fait, elle est pas un peu jeune pour être médecin ? Faudra que je lui pose la question, ça m'intrigue...Elle m'intrigue...Bon allez, il faut que je me reprenne, et puis il y a Bill qui m'attend. J'y retourne.

PDV de Judy :


Tom revient.
Comme nous sommes moins nombreux dans la salle : il ne reste que moi et deux infirmières (dont Shirley qui a toujours son sourire en coin. Rooooh, elle m'énerve !!!), il me demande s'il peut s'approcher de la table sur laquelle est allongé son frère. Je suis d'accord. Il se place alors de l'autre côté du lit, en face de moi. Il caresse le front de son frère. Je trouve ça mignon. Ces deux là ont une relation très spéciale.
Je lui demande :

« Vous êtes jumeaux ? »

Il me regarde, l'air étonné.

« Comment tu le sais ? On est pourtant assez différents physiquement, enfin, surtout par rapport à notre look. Peu de personnes le remarquent d'elles-mêmes et encore moins en si peu de temps"

« Ah oui ? Je ne sais pas. C'est pas une question de physique, c'est juste qu'on ressent quelque chose de très fusionnel entre vous, le genre de relation que seuls des jumeaux peuvent connaître... »

Il me fixe encore, de la même manière que tout à l'heure.

« Toi, t'es vraiment pas croyable ! Je crois bien que t'es la femme de ma vie ! »

Alors là j'hallucine complet !!! J'ai failli m'étouffer avec ma propre salive et je crois bien que ma mâchoire vient de tomber par terre !
Shirley ouvre des yeux tout ronds, elle jubile...
Je tente un sourire du genre « Ouai, c'est ça ! »
Lui, il reste hyper sérieux. Je suis vraiment déstabilisée là.
Heureusement pour moi, Abby, un autre médecin, pousse la porte et me demande :

« Tu as fini ici Jude parce qu'il y a un AVP qui arrive et on va avoir besoin de la salle ! »

« Oui, on va lui trouver un lit. »

« Je m'en occupe » dit Shirley.

« Super, merci ! » Abby sort.

J'explique la suite du programme à Tom. Qu'on va lui trouver un lit ici au service des urgences et qu'on va continuer à le surveiller.

« C'est toi qui va continuer à t'occuper de lui hein ? »

« Oui, c'est moi. C'est mon patient, je vais pas l'abandonner t'inquiètes pas ! »

Il sourit et il a l'air tout fier

« Ah, ça y est, tu m'as dis « tu » ! »

Oups ! J'ai même pas fait exprès ! Tant pis, maintenant, c'est fait, je peux pas revenir en arrière. Je souris de constater à quelle vitesse il m'a fait baisser les armes. Tu mollis ma fille, tu mollis !!!

« Allez, allons y ! »

On installe Bill dans une chambre et je fais la connaissance de tout le « petit » ( ?!...) groupe par lequel il est accompagné...Tom m'explique alors qu'ils sont un groupe de rock allemand et qu'ils sont venus aux USA pour rencontrer des personnes de leur maison de disque afin d'étudier le marché américain et voir de quelle manière ils pourraient « percer » ici. Je suis un peu embêtée mais j'ai jamais entendu parler d'eux... Le groupe est composé de 4 membres et excepté les jumeaux, qui sont chanteur et guitariste, il y a également Gustav, le batteur, un garçon très charmant et un peu timide qui se contente d'un « Bonjour et merci d'avoir sauvé mon ami ! ».

« Bonjour, c'est normal, c'est mon job ! »

Et puis, il y aussi Georg qui est visiblement nettement moins timide :

« Nom de Dieu, tous les médecins sont aussi sexys ici ? Si j'avais su, c'est moi qui... Aïe !!! »

Tom vient de lui donner une claque derrière la tête :

« Hé, reste poli tu veux ! Elle, c'est notre ange gardien à Bill et moi, alors, pas de grossièretés ! »

« Mais j'ai rien dit !... »

Le pauvre Georg a l'air vexé.
Ils me font rire.
Avec eux, ils ont aussi toute une meute de gardes du corps. Enfin, garde du corps, garde du corps, c'est bien beau tout ça mais ils ont failli perdre le chanteur du groupe à cause d'une petite guêpe de rien !... Ils sont impressionnants. Certains restent en dehors de la chambre. On m'en présente deux : Tobias, un grand blond aux yeux bleus, et Saki, qui a l'air d'être le chef de tout ce petit monde, plus âgé, grand, brun, avec des lunettes. Il me remercie lui aussi.

Enfin, il y a leur producteur David. Il a la trentaine et il est plutôt beau gosse. Il me fait un sourire genre pub pour le dentifrice et tente un baise main... Trop bidon !... Les autres se moquent de lui, surtout que je n'ai pas l'air très « réceptive » à son charme, à part Tom, que ça ne fait pas tellement rire. Il a même l'air un peu énervé...

« Bon, il y a beaucoup trop de monde dans cette chambre. Je suis désolée mais je vais vous demander de sortir. Il a besoin de repos et de calme. Vous pourrez revenir plus tard ou demain mais là il faut le laisser »

« Moi je peux rester ?» demande Tom inquiet

« D'accord, mais seulement toi ».

Les garçons s'en vont. Ils reviendront un peu plus tard, en fin de journée, pour porter des vêtements et des affaires de toilette à Bill et Tom. Saki reste « tanqué » devant la porte de la chambre, au cas où... Je trouve ça un peu ridicule vu qu'ici personne ne les connaît mais bon ... Je vérifie que Bill est bien installé et que tous les appareils fonctionnent correctement.

« Bon, tout est O.K ! Je reviens dans un petit moment pour voir comment il va. S'il y a quoi que ce soit, tu appuies ici ! »

Je montre à Tom l'interrupteur qui alerte les infirmières.

« Mais...Tu vas où ? »

« Je retourne travailler. Il y a beaucoup d'autres patients qui m'attendent tu sais ! Je reviens dans pas longtemps ! »

Je lui souris pour le tranquilliser. Il me regarde m'éloigner avec un air de chien battu...

# Posted on Tuesday, 22 July 2008 at 4:35 PM

Edited on Monday, 04 August 2008 at 11:52 AM

épisode 4

épisode 4
PDV de Bill :

J'entrouvre les yeux. Derrière mes paupières, tout a l'air « brumeux ». Il y a des plaques blanches au dessus de moi. J'ai affreusement mal au crâne. Il flotte une odeur bizarre ici. Je ne sais pas où je suis. Je me souviens. La piqûre de guêpe. Je ne peux plus respirer. Mon dieu, est-ce que je suis mort ? J'essaie de tourner la tête mais il y a quelque chose qui m'en empêche, une espèce de tuyau qui me retient. Il est dans ma bouche. Qu'est ce que c'est ? Au secours, j'étouffe ! Je veux l'enlever !

PDV de Judy :

Je suis en train de terminer une suture sur un petit garçon quand soudain on m'appelle.

« Eh Jude ! Il se passe quelque chose chez les allemands ! »

Je cours vers la chambre de Bill. Lorsque j'ouvre la porte, je le voie qui essaie de s'arracher le tube qu'il a dans la gorge, il a l'air effrayé et désorienté. Tom lui tient les bras et essaie de le calmer mais il semble ne rien entendre.
Je m'approche de lui.

« Bill, écoute moi, regarde moi ! »

Je prends une de ses mains.

« Calme toi, tout va bien... tu es à l'hôpital. Tu t'es fait piqué par une guêpe et tu as fait une grosse réaction allergique. Tu te souviens ? C'est pour ça que ton frère et tes amis t'ont emmené ici... »

Il m'écoute et a l'air de se calmer. Sa respiration ralentit.

« On a du placer un tube dans ta gorge pour t'aider à respirer parce que tes voies respiratoires étaient trop gonflées pour que tu puisses y arriver tout seul. Maintenant que tu as repris conscience et que tu es stabilisé, on va pouvoir l'enlever, tu es d'accord ? »

Il ferme ses yeux en signe d'acquiescement. Il serre ma main.

« Je t'explique. D'abord, je vais ôter les sparadraps qui maintiennent le tube en place et ensuite je vais le retirer mais je vais avoir besoin de toi. Quand je te le dirai, il faudra bien que tu expires. O.K ? »

Il a compris.

« Essaie de ne pas te crisper et tout ira bien. Allez, on y va. Vas-y, souffle ! »

Le tube est enlevé. Bill tousse un peu. Quelques larmes coulent de ses yeux, ils sont rouges, mais il a l'air d'aller bien. Son regard s'est apaisé. Tom aussi a l'air un peu plus serein. Je crois qu'il a encore eu très peur ! Bill essaie de parler.

« J'ai cru que j'étais mort... » dit-il avec une voix éraillée. Il a l'air surpris en s'entendant parler.

« Ne t'inquiètes pas pour ta voix, c'est normal. Ca va revenir très vite. Demain ça ira déjà mieux ! »

« Je pensais que tu étais un ange qui venait me chercher pour m'emmener au paradis... »

Je lui souris puis je regarde Tom.

« Vous n'êtes pas jumeaux pour rien tous les deux ! ». Ils sont obsédés par les anges ces deux là !
Je regarde Bill à présent.

« Je ne suis pas un ange. Je suis juste ton médecin. Je m'appelle Judy »

« Enfin Jude pour les intimes !» dit Tom d'un air coquin.

C'est ça ! Genre, on est intimes, il a rêvé lui ! Puis il ajoute :

« Elle t'a sauvé la vie tu sais ! »

« Merci...De tout mon c½ur, merci !... »

Bill parlait avec une sincérité désarmante.
Du coup, je ne sais pas quoi lui dire, ce serait vraiment trop nul de lui rétorquer à lui aussi un truc du genre : « Normal, c'est mon job, c'est pour ça qu'on me paie... ».Alors, je lui réponds juste avec un sourire.

« Je vais vérifier ta tension ».

Il faut que je trouve une échappatoire. Ces deux là ont le don de me mettre mal à l'aise...Je m'exécute. Je sens leurs regards sur moi mais je fais comme si de rien n'était, du style, moi je suis à fond dans mon truc, hyper sérieuse dans mon job !!!

« Je dois avoir une tête pas possible... » lance Bill.

« C'est clair ! T'as du noir qui a coulé partout, tu ressembles à un raton laveur !!! » s'esclaffe Tom.

« Je te remercie... Je sais que je peux toujours compter sur ta franchise !... »

« Ah, ça, toujours !!! »

Trop drôle de les voir se chamailler.

« Vous avez pris des affaires à moi ? »

« C'est-à-dire qu'on était un peu occupés à sauver ta peau, abruti ! Alors on n'a pas spécialement pensé à emporter ta petite trousse de toilette Princesse ! »

Je suis morte de rire !!! Ils pourraient monter un spectacle comique tous les deux !

« Les autres doivent repasser en fin de journée pour nous rapporter ton « nécessaire vital ». En attendant, tu patienteras...De toute façon, d'habitude aussi tu effraies les mamies et les petits enfants, ça changera pas beaucoup ! »

« Crétin va ! »

Je les coupe dans leur discussion hautement philosophique...

« Je peux peut être arranger ça. Donnez moi 5 minutes ! » et je file...

Je reviens quelques instants plus tard.

« Tiens, je t'ai trouvé du démaquillant et de l'eau nettoyante. Voilà aussi du coton, c'est pas ça qui manque ici ... C'est du coton chirurgical mais, bon, je pense que ça pourra faire l'affaire... »

Ils sourient tous les deux.

« Merci, c'est vraiment adorable ! » dit Bill.

« Quand je dis que c'est un ange !... » rajoute Tom.

Rooooh ! Il va arrêter avec ça ! Je fais « non » avec ma tête tout en esquissant un sourire. Oui oui bien sur...Tu vois pas les grandes ailes blanches là dans mon dos ? ...
Je prends la tablette roulante qui sert à poser les plateaux repas des patients et je pose toutes mes trouvailles dessus. Bill tend son bras pour essayer de s'en saisir mais le pauvre est encore beaucoup trop faible pour faire ça tout seul.

« O.K laisse, je vais le faire pour toi »

Je commence à mettre du démaquillant sur un bout de coton.
Tom fait la même chose.

« Je m'occupe de l'autre côté ! »

Bill nous regarde un peu... circonspect !...

« Ferme les yeux gros malin ! » lui lance Tom.

Il s'exécute avec un sourire complice.
Je pose le coton sur son ½il et je frotte doucement pour ôter le maquillage noir qui recouvre sa paupière. Je passe aussi délicatement sous son ½il. Peu à peu, sa peau apparaît et je vois mieux son visage. Il a les traits très fins et une impression de grande douceur se dégage de lui. Ils sont quasiment identiques avec Tom, à part le nez peut être... Mais qu'est ce qui me prend moi ? Je crois que je suis un peu ... Troublée... Tom fait ça très sérieusement lui aussi. Il lève les yeux vers moi. Je détourne le regard. Je préfère regarder Bill, lui, au moins, il a les yeux fermés et je n'ai pas à soutenir son regard... Aucun de nous ne parle. Il règne une atmosphère étrange. Je les sens comme « connectés » tous les deux et j'ai la curieuse impression de parvenir à pénétrer cette intimité qui les relie, la sensation qu'il me laisse le faire aussi. Je n'aurai jamais cru que cela puisse être aussi sensuel de démaquiller quelqu'un... Nous terminons en même temps. Bill rouvre les yeux. Il a un regard...brûlant !... Il me sourit puis sourit à son frère. Moi je suis toute perdue... La porte s'ouvre alors et je sursaute. Je ne sais pas pourquoi, je réagis comme si on venait de nous surprendre en train de faire un truc pas très catholique, mais on n'a rien fait de mal en fait...

« Salut toi ! Ca va ma chérie ? Dis donc on s'est pas encore vus aujourd'hui, c'était la folie, hein ?»

« Heu... Oui, ça va ! C'est clair : la folie !...Qu'est ce qu'il y a ? »

« Ben j'ai vu que tu finissais ta garde à 20 heures ce soir et moi aussi alors tu pars pas sans moi, on rentre ensemble, d'accord ? »

« En théorie, je termine à 20 heures oui, mais vu que j'ai pas eu une minute de répit pour remplir mes dossiers, j'ai un tas de paperasse à faire alors c'est pas la peine que tu m'attendes... »

« Hum... Ca me plait pas trop que tu rentres toute seule... »

« T'inquiètes pas, je prendrai un taxi ! »

« Bon, d'accord. Alors à plus tard ma chérie ! »

Il rentre dans la chambre et vient déposer un baiser sur mon front puis il s'éclipse. Lui, c'est John, John Carter, médecin aux urgences du Cook County depuis 7 ans maintenant. C'est ici qu'il a fait son internat.
Tom a l'air d'avoir perdu sa bonne humeur... Il regarde son frère avec un regard noir...

« C'est ton petit ami ? »

Je m'éclate de rire. Il ne comprend pas.

« John ?...Il est gay ! »

Je lis comme un soulagement dans ses yeux.

« Ah... C'est que... Vous aviez l'air très... Proches ! »

« John est un vieil ami. On se connaît depuis longtemps et accessoirement, je vis avec lui : c'est mon colocataire !... Mais je te trouve bien curieux toi ?!... »

Il rie : « Oui, c'est un de mes rares défauts... ». Bill confirme d'un hochement de la tête.

« Bon, ça ira pour cette fois » lui dis-je d'un air taquin. « Il faut que j'y retourne. J'ai encore deux heures à assurer avant de voir la fin de cette interminable garde alors ... Je reviens avant de rentrer chez moi pour m'assurer que tout va bien pour vous. Bill repose toi un peu, ton corps a besoin de récupérer. » Puis je m'adresse à Tom : « Je te le confie ! ».

# Posted on Wednesday, 23 July 2008 at 10:27 AM

Edited on Monday, 04 August 2008 at 11:51 AM

épisode 5

épisode 5
Environ une heure et 5 patients plus tard, Jerry, le responsable de l'accueil m'appelle :

« Eh petit génie ! Y'a quelqu'un qui te réclame ! »

Je me dirige vers l'accueil et je reconnais « Mister baise main ». Je cache ma joie !...

« Bonsoir ! »

« Oui, enfin, on s'est déjà vus... ».

Tu m'as léchouillé la main tout à l'heure, tu te souviens pas ?

« C'est vrai... Euh, voilà, je me suis renseigné sur cet hôpital et il n'est pas très « côté », c'est le moins qu'on puisse dire... »

« Ben, c'est un hôpital public, on fait avec les moyens du bord ! C'est peut être pas un trois étoiles, mais je vous assure qu'il y a ici de bons médecins. JE suis un bon médecin »

Non mais oh, pour qui il se prend lui ?

« Ecoutez, vous êtes ravissante, mais... J'aimerai que Bill soit suivi par quelqu'un de plus ... Expérimenté ! »

Ouai, en gros, tu me sauterai bien mais tu me confierai pas la santé de ton poulain, c'est ça connard ? J'ai une furieuse envie de le gifler ce débile ! Je sais pas ce qui me retient... Il continue.

« On m'a donné les coordonnées d'une clinique privée à Chicago et j'aimerai que Bill soit transféré là bas le plus vite possible »

« Oh...Bien sur... J'imagine que dans cette fameuse clinique les services que vous trouverez seront plus à la hauteur de vos « prétentions » ! ».

Je le fusille du regard. Il est un peu gêné, on dirait qu'il a compris qu'il me tapait sur le système. C'est bien, il est pas aussi con qu'il en a l'air !

« Loin de moi l'idée de vous vexer mais... ».

Je ne le laisse pas finir sa phrase.

« Donnez moi les coordonnées de votre clinique pour friqués, je vais m'occuper du transfert ! Mais ce sera pas avant demain je vous préviens. Hors de question de le transporter aujourd'hui, il est encore trop faible et on n'est pas à l'abri d'une complication. Désolée, il vous faudra encore moisir un petit peu ici, avec les pauvres gens ! Mais rassurez vous hein, la pauvreté, c'est pas contagieux ! »

La connerie non plus heureusement ! Ce type est d'une prétention ! J'ai envie de le taper ! J'ai très envie de le planter là comme un con (qu'il est d'ailleurs...) mais il me vient une idée.

« Bill est au courant ? »

« Pas encore, j'allais lui dire... »

« Alors ce serait bien aimable de votre part de vous assurer qu'il est d'accord parce qu'à ce que je sache il est majeur alors c'est à lui que revient la décision. A moins qu'il ne soit sous votre tutelle légale ?... »

Prends ça dans tes dents ! Il fait moins le malin le David ! Il pensait sans doute avoir à faire à une naïve petite blonde... Tu t'es gourré mon pote ! En vrai, j'ai un sale caractère quand je m'y mets !

« Ben, je vous propose qu'on y aille ensemble tout de suite. Comme ça ce sera réglé ! »

Ouai c'est ça, ce sera réglé gros con ! Alors lui, il m'a trop stressée. En route vers la chambre, il m'explique :

« Ne le prenez pas mal, c'est pas personnel vous savez. Je vous remercie beaucoup pour ce que vous avez fait ... » Blablabla...

On rentre dans la chambre. Il y a Gustav et Georg qui sont là. A peine entrée, Tom remarque que quelque chose ne va pas. Je dois faire une drôle de tête. Il me regarde d'un air interrogateur mais je préfère laisser parler l'autre débile. Je lui fais signe de la tête que c'est à lui d'annoncer la « bonne nouvelle ».

« On va te changer d'endroit Bill. Tu vas aller dans une clinique nettement plus confortable tu verras, et puis il y a des médecins très réputés là bas... »

Les jumeaux en ch½ur : « QUOI ? ».

« J'ai absolument pas l'intention de partir d'ici. Je veux que ce soit Judy qui s'occupe de moi et personne d'autre ! »

Là, j'avoue, je fais un peu la maline...

« Bill, je t'en prie sois raisonnable ! C'est de ta santé qu'on parle là, on n'est pas dans un concours de beauté ! »

« Eh, c'est de moi que vous parlez là ? » Alors là c'est clair je vais le tuer ! « Que l'hôpital soit pas assez « classe » pour vous, c'est une chose, mais ne m'insultez pas O.K ?! Si vous voulez je vous emmènerai mon diplôme demain puisque vous semblez douter de mes compétences, j'ai même bien envie de vous le faire bouffer !!! »

Les garçons sont surpris et Tom a le sourire aux lèvres.

PDV de Tom :

Bon sang cette fille a du caractère ! J'adore les femmes de caractère ! Huuuuum ! Autant je kiffe son côté doux et rassurant, autant je la trouve vraiment très excitante quand elle est en colère ! J'en reviens pas de la manière dont elle vient de calmer David ! Trop fort ! Elle est pleine de paradoxes : elle est forte et fragile à la fois, elle ressemble à un ange mais elle est pleine de tempérament ! Elle est ... parfaite !!! J'interviens.

« C'est décidé, on bougera pas ! Et toi tu devrais faire tes excuses à la dame !... »

PDV de Judy :

Tom vient de prendre la parole et ma défense par la même occasion. Je dois dire que ça me fait assez plaisir. Je regarde toujours l'autre Playboy de merde avec mes yeux de killeuse. Il sent que tout le monde est contre lui alors il la mène pas large.

« O.K, comme vous voudrez... Après tout, vous êtes de grands garçons...A vous de voir !... »

Il sort son téléphone portable de la poche de sa veste et s'apprête à quitter la pièce quand Tom le rappelle.

« Dis donc, t'oublies pas quelque chose ?... »

Il se retourne alors vers moi et me lance un rapide « Désolé ! » et il disparaît dans le couloir. Alors là, je dois dire que ça transpirait la sincérité !

« Quel crétin ce type ! ».

Oups ! C'est sorti tout seul !
Les garçons éclatent de rire.
Gustav répond :

« J'avoue que sur ce coup, il me fait vraiment honte !... ».

Ce garçon est décidément trop chou. Et puis sa petite phrase détend l'atmosphère. Enfin, surtout, elle a le mérite de me détendre moi ! Je lui montre ma reconnaissance avec un sourire.

« Alors, je téléphone pas à la clinique Jet Set ? Pas de regrets ? »

Bill me répond « Absolument pas ! » et Tom confirme en faisant bouger sa tête de droite à gauche comme s'il disait « non, non, non !... ».

« Bon, ben, ça c'est fait ! Je file, je reviens à la fin de ma garde c'est-à-dire dans pas très longtemps. A tout à l'heure ! » et je sors avec un air enjoué et ... victorieux !!!

# Posted on Wednesday, 23 July 2008 at 10:41 AM

Edited on Monday, 04 August 2008 at 11:50 AM